Somalie : persécution exercée par les Somaliens à l'encontre des Ethiopiens musulmans chiites pratiquant leur religion en Somalie

  • Code de la presse : 192
  • Source: Le portail de chiites de l'afrique

résumé


Aucune mention de la persécution des Ethiopiens musulmans chiites exerçant leur religion en Somalie n'est faite dans la documentation que nous avons consultée au Centre de documentation de la CISR . Il n'en demeure pas moins que les autorités somaliennes entretiennent des soupçons à l'égard des Musulmans chiites, soient-ils Ethiopiens ou d'une autre nationalité [Department of State, Country Reports on Human Rights Practices For 1988. Somalis. February 1989. P. 314.]. Ces soupçons qui poussent les autorités somaliennes à prévenir l'émergence de mouvements islamiques radicaux [ Idem.], pourraient s'expliquer par le fait que les minorités musulmanes chiites sont souvent réputées être des minorités agissantes [ CARATINI, Roger, La Force des Faibles. Encyclopédie Mondiale des Minorités. P. 65.].

La religion d'Etat en Somalie est l'Islam sunnite à laquelle 99.9% de la population adhèrent [ George Thomas Kurian, Encyclopedia of the Third World. Somalia. Third Edition, New York, Oxford, 1987. P. 1795.]. Les musulmans chiites, tout comme la minorité chrétienne de Somalie, peuvent pratiquer leur religion, mais doivent se garder de prosélytisme [ Country Reports on Human Rights Practices For 1988. P.314.].

Pour avoir reproché au gouvernement somalien de ne pas se conformer aux préceptes de l'Islam, 70 civils et militaires étaient arrêtés et détenus en 1986, et n'avaient toujours pas été libérés en 1987 [ Amnesty International, Rapport 88. P. 89.]. Le rapport d'Amnesty International, d'où est tirée l'information qui précède, ne nous permet pas de savoir si des ressortissants éthiopiens faisaient partie des 70 personnes arrêtées.

Un autre événement qui témoigne de la crainte des autorités somaliennes de voir l'intégrisme musulman prendre de l'ampleur, a été la condamnation à mort, peine qui a été commuée en réclusion à perpétuité, de neuf dignitaires musulmans arrêtés en 1986 [Idem.]. Encore là, rien ne nous permet de connaître la nationalité des personnes concernées qui, en vertu de la loi relative à la sécurité de l'Etat, ont été accusées d'avoir "exploité le sentiment religieux aux fins de destruction de l'unité nationale, de subversion ou d'affaiblissement de l'autorité de l'Etat" [Idem.].

Amnesty International, Rapport 88. Somalie. PP. 89 à 91